Débuter intelligemment en survivalisme: Attitude

 Débuter intelligemment en survivalisme: Attitude

 



Si vous commencez en survivalisme ou que vous avez déjà débuté mais que vous disposez de peu d'autonomie, ce billet s'adresse particulièrement à vous. Je veux vous entretenir de votre attitude en tant que débutant et des erreurs parfois conséquentes que vous commettrez sous la guidance de votre état d'esprit.

Je vous donne des conseils, chose que je fais rarement. Je publierai prochainement une suite qui s'intitulera « Débuter intelligemment en survivalisme: Matérialité »

1 — Fuyez les sites survivalistes axés sur matériel


On ne peut pas être spécialiste des couteaux, des outils de jardin, des armes à feu, des munitions, des réchauds, des appareils de communication, des haches, des scies, etc., tout ça en même temps. Les sites qui vous proposent une revue de matériel varié par semaine ne peuvent pas être considérés comme solides ou sérieux.

Vous remarquerez que souvent, pas tout le temps mais suffisamment fréquemment, ces sites vous proposent des liens pour acheter le matos qu'ils passent en « revue », achats sur lesquels ils touchent une commission. Encore une fois, il n'y a pas de mal à faire commerce, là où c'est mal, c'est quand on pose en spécialiste de tout afin de faire commerce...
 
Les sites spécialisés sur un type ou une catégorie de matériel sont tenus généralement par des gens compétents qui ont un avis de spécialiste sur les objets. Par exemple un site consacré à l'évaluation de couteaux ou de lames peut être considéré sérieux si l'analyse est faite en profondeur. De plus, jamais ce genre de site ne vous parlera d'un « meilleur couteau ever » 12 fois par année.

2 — Les listes reflètent les besoins du rédacteur, pas du lecteur


Dix mille survivalistes, dix mille séries de listes... Certains pensent qu'ils doivent s'aligner sur les listes des quelques experts qu'ils ont identifiés comme fiables dans le domaine du survivalisme.

C'est une grave erreur de jugement ou à la rigueur de perception. Si vous débutez, vous n'en connaissez pas assez sur le survivalisme pour juger des propos des différents commentateurs qui s'expriment sur le sujet. Moi compris.

Je comprends le besoin de sécurité des débutants, besoin qui s'exprime notamment par la tentation de se conformer à la préparation de quelqu'un « qui s'y connait ». Mais voilà: non seulement vous ne connaissez pas bien le survivalisme mais vous ne connaissez « l'expert » sur qui vous vous fiez uniquement par ce qu'il présente de lui. Sur Internet, avec une caméra de qualité moyenne et 400$ de matériel, un costard et des images de fond, on peut faire une excellente impression. Ça s'appelle du marketing. Ça ne signifie pas que si la présentation est bonne, le fond le sera aussi.

Dans le meilleur des cas, une liste exprime le besoin de celui qui la rédige. Si vous voulez des listes — et elles sont utiles — faites-les vous-même.

Il y a deux avantages irremplaçables à faire ses listes soi-même: vous devez réfléchir à vos besoins réels puis faire des choix et ce faisant vous vous appropriez psychologiquement la démarche. Cela fait toute la différence.


3 — L'équipement qui fait tout n'existe pas


Prenons l'exemple des armes à feu. Il n'existe aucune arme à feu qui soit légère et stable, qui soit la plus adaptée au tir instinctif rapide ET au tir à 1500 m., qui utilise une munition peu onéreuse et très puissante, qui convient tant à la chasse au canard qu'à celle de l'éléphant.

Idem pour les haches. Une cognée, une hachette, un tomahawk et une hache à équarrir ont chacun un usage spécifique et sont des outils spécialisés.

Il faut arrêter de croire que vous ne pourrez vous procurer qu'une seule pièce d'équipement qui vous permettra de tout faire.

Si vous commencez en survivalisme et que vous le faites sérieusement, c'est à dire en vous posant des questions de type « pourquoi » et pas seulement de type « comment » vous réaliserez assez rapidement que vous devrez constamment faire des choix, surtout si votre budget est restreint.

Si vos moyens vous le permettent, alors vous pourrez acheter plusieurs équipements spécialisés de même catégorie mais cela ne pourra être fait intelligemment que le jour où vous vous serez questionné sérieusement, identifié vos besoins réels et fait les bons choix après réflexion.

Restez donc généraliste si votre budget est restreint et ayez conscience que vos équipements ne pourront pas tout faire, conséquemment choisissez ceux dont vous aurez l'usage le plus probable, pas ceux qui pourront éventuellement être utiles.


4 — Sédentarité


Vous n'êtes pas survivaliste et n'avez pas de plan survivaliste si votre seule préparation consiste à évacuer au moindre pépin. Vous êtes alors ce que je qualifie d'évacuateur précoce et vous vous doutez bien que c'est un qualificatif péjoratif.

Le survivalisme c'est la recherche d'autonomie et son maintien, en toutes circonstances. Cela suppose la sédentarité. On n'emporte pas son champ ou son cheptel, sources de nourriture, en mode évacuation.

Idem, vous ne préparerez jamais de réserves alimentaires pour trois mois si votre seule réponse aux événements consiste à évacuer. Pouvoir évacuer c'est bien, devoir évacuer à défaut de pouvoir rester sur place, c'est une faute.

Vous n'avez préparé qu'une évacuation? Vous ne possédez qu'un kit d'évacuation? Alors vous avez garanti votre future vie de réfugié.

5 — Survie et bushcraft ne sont pas du survivalisme


Ici je ne porte pas un jugement de valeur sur ces disciplines. D'un point de vue survivaliste, le bushcraft est une discipline qui peut compléter le survivalisme et qui sera surtout utile si vos plans survivalistes échouent et que vous devez vous réfugier en endroit isolé. Toujours sous un regard survivaliste, la survie, c'est la même chose que le bushcraft mais en mode de déplacement constant.

Le survivalisme est essentiellement sédentaire.

Le réflexe des populations, à toutes les époques de notre histoire, c'est d'aller se réfugier en forêt en cas de grave pépin. L'ennui, c'est que la France ne compte plus 20 millions d'habitants, le Québec ne compte plus 75,000 amérindiens et 85,000 colons français. L'autre ennui, c'est qu'à l'époque si tout le monde savait faire du feu, c'est à dire l'allumer, le maintenir et s'assurer qu'il reste circonscrit, de nos jours bien peu de gens pourraient en faire un en pleine forêt sans la faire flamber car ils n'en ont probablement jamais allumé hors un BBQ ou un poêle à bois.

La survie, le bushcraft et la forêt ne sont pas des solutions survivalistes.

6 — Le survivalisme: une affaire de matière grise et de mémoire musculaire


Apprendre, comprendre, relier, décider, c'est 95% du survivalisme. Une hache sans pratique sera presque inutile. Une trousse de premiers soins traumatique sans les connaissances de base ne vous sera d'aucun secours. Des batteries 12 v. à décharge profonde ne vous procureront pas d'électricité si vous ne pouvez pas les charger, ne savez pas les relier et en utiliser le courant. Vous pouvez avoir un super-kit de soudure mais si vous n'en avez jamais fait il ne soudera rien.

À la base de tout se trouvent le savoir et le savoir-faire, c'est à dire de la matière grise bien remplie et l'habileté à transformer le savoir en action, donc principalement la mémoire musculaire qui ne se développe que par la pratique.

Le survivalisme ne consiste pas à regarder d'autres survivalistes sur Youtube deviser sur les mérites de la nouvelle saveur du mois en matière de lampe de poche. Youtube, les blogues et les livres sont utiles s'ils vous permettent de développer du savoir et du savoir-faire. Le reste, c'est du marketing ou des séances d'auto-valorisation.

7 — Sortir des sentiers battus


En cette époque où tout ce qui n'est pas validé par les autorités politiques et « morales » (les médias) est du fake news, il est facile de se laisser intoxiquer mentalement.

Les médias n'informent pas, ils gèrent l'opinion. Or, pour les survivalistes l'information est primordiale puisqu'elle nous permet d'anticiper les événements et d'adapter notre préparation aux besoins du moment.

Les risques les plus avérés ne sont pas les catastrophes naturelles mais l'activité humaine, spécialement l'activité politique et économique. Un exemple concret: l'Europe vit actuellement une très grave crise avec l'invasion « migratoire », accomplie avec la complicité des dirigeants européens (sauf quelques rares exceptions). Il en résulte des effets de toutes sortes dont une hausse alarmante de la criminalité due à ces « chances pour la France », une énorme pression sur le logement, une énorme pression sur le système de santé et scolaire et une répression concrète contre les opposants, sous divers motifs.

D'un autre côté les médias dits « alternatifs » — le cas le plus patent étant Infowars — informent mais analysent bien mal voire imposent souvent un narratif idéologiquement orienté. Et il y a les sites dit « conspirationnistes » ou peu rigoureux qui extrapolent sur des faits qui sont supposés ou qui n'existent pas.

À moins de disposer d'énormément de temps il est inutile de tenter d'analyser les événements qui risquent d'affecter notre vie. Combien de fois nous a-t-on annoncé la 3e guerre mondiale depuis 3 ans? Depuis 30 ans? Elle n'est toujours pas là. Elle viendra, bientôt; les États occidentaux recommencent à s'armer mais elle n'est pas mure encore.

Fouillez dans les médias pour débusquer de l'info mais ne vous fiez pas à l'interprétation que les journalopes en font. Notez qu'il se passe quelque chose, évaluez en quoi ça pourrait vous affecter et poursuivez votre préparation. Point.

8 — Sérénité


La sérénité ne vient pas quand on a terminé de se préparer mais bien longtemps avant, en cours de route, quand on a préparé suffisamment — matière et esprit — pour avoir un aperçu réaliste de ce à quoi on peut faire face avec succès.

C'est néanmoins une erreur de se fier à la sérénité qu'on éprouve pour mesurer l'état de notre préparation. Elle ne mesure pas l'état de notre préparation: elle mesure seulement notre état d'esprit.

Toutefois, il est important de savoir qu'au delà d'une certaine période d'engagement dans notre préparation; combinée à des savoirs accumulés, de l'expérience pratique et un certain niveau de réserves, la sérénité s'installe et le sentiment d'urgence disparait.

Cela ne permet qu'une chose d'utile: se préparer en éprouvant une paix d'esprit, laquelle nous permet de jeter un regard survivaliste différent sur soi, sa famille, son cheminement et les domaines à développer dans le futur.

Envol


Depuis que j'ai commencé ce blogue — il y a six ans! — je n'ai jamais été sensationnaliste ou alarmiste. Quand il y avait des menaces à l'horizon, je les mentionnais mais j'ai toujours tenté de les évaluer dans de justes proportions: possibilité n'égale pas probabilité et croyance n'égale pas fait. Or depuis 12 à 18 mois, les événements s'accélèrent. Je le constate, d'autres très sérieux le constatent aussi.


Merci à:
FG
J.
Dan Sullivan
Ainsi qu'aux autres tipeurs et donateurs.



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Commentaires

Dan Czak a dit…
Salut Vic

Pas étonnant que les gens se conscientisent avec ce qui arrive et c'est une bonne chose
Beau billet et à renouveler...
Le survivalisme n'est pas un sport individuel, seul tu ne peux t'en sortir, les connaissances que demandent le survivalisme sont incommensurables. Ceux ou celles qui vont chercher à cheminer seul vont forcément échouer.
En prenant le cas simple de l'autonomie alimentaire, ne serait-ce que végétale, je parle de réussir ses semis, à ce que tout ceci lèvent une fois en terre, mettre ses légumes à l'abri des prédateurs ou autres gastéropodes dont je pense avoir éradiquer l’espèce, une fois que ceci est réussi, ne pas rater les conserves, gérer le stock sur l'année, etc...C'est un boulot de dingue.

Je ne sais si tu évoques dans la vidéo, l'acquisition d'une BAD mais une BAD ne peut_être qu'un village ou un groupe important de gens avec des connaissances, encore une fois savoir s'entourer.

Et que l'on arrête avec ces inepties d'évacuations qui se limitent à un plein de voitures,trois jours de bouffes pour finir par sentir le phoque avec les gamins qui pètent un plomb à l'arrière.

Dans le survivalisme beaucoup sont dans le fantasme des séries américaines très plaisantes à regarder d'ailleurs et qui n'apportent rien qu'un peu de détente après une journée de taf.

Quant aux escrocs du survivalisme qui se font du beurre, il y aura toujours des vendeurs et des acheteurs.

Marc Desmeuzes a dit…
Merci Vic pour ce long travail.

Ta santé : pas cancéreux, gros ouf de soulagement.
Une autre opération pour améliorer ta voix, oui mais si les probabilités de l'améliorer sont très fortes. Faudrait pas un échec pour revenir un point de départ. Ta voix actuelle est parfaitement audible, faut penser à cela.

A bientôt.
Marc.
Fred Deion a dit…
Hello, as tu prévu un petit article sur les inondations au Quebec (retex, enseignements, etc.) ?
Merci ! Fred Deion
NEVAO a dit…
Bonjour,
il est évident que des individus ont besoin de listes de base.
par contre survivalisme ne rime pas avec individualisme mais collectif, collaboratif, réseaux humains.
en cas de chaos, j'imagine plutôt une cinquantaine d'individus se regroupant en communauté avec un patron, un chef que 4 ou 5 personnes. bien sûr il y aura toujours des loups solitaires, mais ce serait l'exception.
cordialement
nevao

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